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La roue de la vie, et l’heure qui suit
Noter huit domaines de sa vie prend dix minutes. Ce qu'on en fait ensuite décide si c'était un exercice ou un tournant.
La roue de la vie est l’un des exercices les plus repris du développement personnel, et l’un des plus mal utilisés. On la dessine, on la regarde, on trouve ça juste, et trois semaines plus tard rien n’a bougé. Le problème n’est pas l’outil. C’est qu’on s’arrête à la moitié.
Ce que fait vraiment la roue
L’exercice consiste à noter de 0 à 10 chacun des grands domaines de sa vie. Huit suffisent : la santé, l’état d’esprit, les émotions, les relations, la productivité, la carrière, l’argent, et la contribution qu’on a sur les autres.
La note n’est pas une évaluation de ta performance. C’est l’écart entre ce que tu vis dans ce domaine et ce que tu voudrais y vivre. Quelqu’un qui gagne très bien sa vie peut mettre 4 en argent, parce qu’il vise autre chose. Quelqu’un qui gagne peu peut mettre 8, parce que c’est assez pour ce qu’il veut.
C’est cette nuance qui rend l’exercice utile. Tu ne te compares à personne, tu te compares à ta propre intention.
Les huit questions, une par domaine
Formule chaque question à la première personne et au présent, puis note à quel point la phrase est vraie aujourd’hui.
- Santé : mon énergie et la vitalité de mon corps correspondent à ce que je veux.
- État d’esprit : je trouve du positif dans ce qui m’arrive, même dans les moments durs.
- Émotions : les émotions que je vis au quotidien sont celles que je veux ressentir.
- Relations : l’amour, l’amitié et les liens familiaux que je vis me comblent.
- Productivité : j’avance concrètement sur ce qui compte pour moi.
- Carrière : mon travail incarne la vie professionnelle à laquelle j’aspire.
- Argent : ma situation financière correspond à la liberté que je veux.
- Contribution : mon impact sur les autres et le sens de ma vie sont à la hauteur de ce que je veux.
Dix minutes, montre en main. Ne réfléchis pas plus de trente secondes par domaine : ta première réponse est la bonne, celles d’après sont des négociations avec toi-même.
Le moment où la plupart des gens s’arrêtent
Tu as ta roue. Elle est bosselée. Tu vois un creux. Et là, deux réflexes se présentent, tous les deux mauvais.
Le premier consiste à vouloir tout remonter. Huit domaines sous les 7, huit chantiers ouverts en même temps, et trois semaines plus tard tu n’as avancé nulle part. Rien ne disperse mieux qu’une vision d’ensemble.
Le second consiste à choisir le domaine le plus bas. C’est intuitif, et c’est souvent faux. Le domaine le plus bas est parfois celui sur lequel tu as le moins de prise en ce moment, ou celui qui dépend d’un autre. Une note basse en émotions est souvent la conséquence d’une note basse en santé ou en relations, pas une cause.
La bonne question
Lequel de ces domaines, s’il remontait de deux points, ferait remonter les autres tout seuls ?
C’est celui-là qu’il faut choisir. Il n’est presque jamais le plus bas. C’est celui qui tire les autres.
Dans la plupart des roues que j’ai vues, c’est la santé ou la productivité. La santé parce que l’énergie conditionne tout le reste. La productivité parce que le sentiment d’avancer change l’état d’esprit, qui change les émotions, qui changent les relations.
Transformer la note en action
Un domaine choisi ne suffit pas. Il faut trois choses, et pas une de plus.
- Un cap, en une phrase, avec une date. Pas « faire plus de sport », mais « courir trente minutes trois fois par semaine d’ici la fin du mois ».
- Une habitude qui le sert, la plus petite possible. Celle que tu peux tenir un mardi soir où tout va mal.
- Une règle que tu ne négocies pas. Une seule phrase, écrite, que tu relis quand tu hésites.
Trois objets concrets, issus d’un exercice de dix minutes. C’est tout ce qui sépare une roue qu’on regarde d’une roue qui change quelque chose.
Refaire le tour, et quand
Une roue isolée est un instantané. Deux roues espacées de six mois sont une trajectoire, et c’est la trajectoire qui motive.
Le bon rythme est trimestriel. Assez espacé pour que les choses aient bougé, assez fréquent pour ne pas dériver un an entier sans s’en apercevoir. Note la date de la prochaine avant de fermer la première : c’est le seul moyen qu’elle ait lieu.